ILAT 3ème trimestre 2026 expliqué simplement pour les non-spécialistes de l’immobilier tertiaire

L’ILAT du 3e trimestre 2026 s’inscrit dans un cycle de modération amorcé fin 2024. Pour les preneurs et bailleurs de locaux tertiaires, cette phase de quasi-stabilité change la donne sur les révisions de loyer, à un moment où les réflexes hérités de la période inflationniste 2022-2023 restent tenaces.

Composante ICC en baisse : le mécanisme qui freine l’ILAT au 3e trimestre 2026

L’ILAT repose sur trois pondérations fixes : 50 % d’indice des prix à la consommation, 25 % d’ICC et 25 % de PIB en valeur. Quand l’une de ces composantes décroche, l’effet se propage mécaniquement sur l’indice final.

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C’est exactement ce qui se produit depuis plusieurs trimestres avec l’indice du coût de la construction. L’ICC affiche une tendance baissière entre 2024 et 2025, avec une chute de 4,06 % sur un an au 3e trimestre 2025 selon les données Uni-Habitat. Au 1er trimestre 2026, l’indice ICC reste inférieur à celui du 1er trimestre 2025, d’après l’ANIL.

Ce recul de l’ICC pèse sur un quart du calcul de l’ILAT. Nous observons que cette dynamique n’est pas compensée par les prix à la consommation, dont la progression reste modérée. Le PIB en valeur, lui, ne suffit pas à tirer l’indice vers le haut.

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Au 1er trimestre 2026, l’INSEE a publié une hausse de l’ILAT limitée à 0,09 % sur un an. Le 3e trimestre 2026 devrait confirmer cette tendance plate, sauf choc exogène sur les prix à la consommation ou rebond brutal de l’activité construction.

Homme d'affaires analysant des indices de loyers ILAT affichés sur une cloison vitrée dans un espace de coworking

Un point structurant que beaucoup de locataires ignorent : le plafonnement exceptionnel de l’indexation à 3,5 % n’a jamais visé l’ILAT. La loi du 16 août 2022 sur le pouvoir d’achat a instauré ce mécanisme uniquement pour l’ILC, sur les trimestres du T2 2022 au T1 2024, au bénéfice des PME de moins de 250 salariés.

En 2026, ce dispositif a expiré, y compris pour l’ILC. Pour l’ILAT, la situation n’a pas changé : les loyers indexés sur cet indice reflètent pleinement la variation publiée par l’INSEE, sans plafond légal.

La conséquence pratique est double. Quand l’ILAT montait de plus de 5 % en 2022-2023, les locataires tertiaires subissaient l’intégralité de la hausse, contrairement à certains commerçants protégés par le plafond ILC. Aujourd’hui, la quasi-stabilité de l’ILAT joue symétriquement en faveur des preneurs : la révision annuelle aboutit à un loyer stable, voire en très légère baisse.

Révision de loyer tertiaire avec l’ILAT : formule et piège de trimestre

La formule de révision reste simple en apparence : loyer révisé = loyer en cours x (ILAT du trimestre de référence / ILAT du trimestre de référence précédent). Le trimestre de référence est celui stipulé dans la clause d’indexation du bail.

Choix du trimestre de référence dans le bail

Nous recommandons de vérifier systématiquement quel trimestre figure dans la clause. Un bail signé en septembre qui mentionne le « dernier indice publié » ne renvoie pas forcément au T3 : l’INSEE publie l’ILAT d’un trimestre donné environ trois mois après sa clôture. Au moment d’une signature en septembre 2026, le dernier ILAT disponible sera probablement celui du T1 2026, pas du T2.

Ce décalage de publication est une source fréquente d’erreurs de révision. La clause doit mentionner un trimestre précis (par exemple « T3 de l’année précédente »), pas une formule ambiguë.

Baux dont l’indice de base est postérieur à fin 2024

Pour les baux récents dont la valeur de référence initiale de l’ILAT date de fin 2024 ou début 2025, la révision 2026 peut mathématiquement aboutir à une variation proche de zéro, voire négative. Le bailleur qui raisonne encore avec les hausses de 2022-2023 risque de contester un loyer révisé à la baisse, alors que la clause d’indexation l’y oblige contractuellement.

Deux professionnels de l'immobilier tertiaire discutant de la révision de loyer ILAT autour d'une table de réunion

ILAT, ILC ou ICC : quel indice choisir pour un bail tertiaire

Le choix de l’indice n’est pas neutre, et la période actuelle rend l’arbitrage plus visible qu’en phase de hausse généralisée.

  • L’ILAT couvre les activités tertiaires non commerciales et non artisanales : bureaux, professions libérales, entrepôts logistiques, services (santé, éducation, transports). Il n’est pas obligatoire et doit être prévu explicitement par une clause d’indexation dans le bail.
  • L’ILC concerne les activités commerciales et artisanales au sens strict. Il a bénéficié du plafonnement temporaire à 3,5 %, aujourd’hui expiré. Sa composition diffère (chiffre d’affaires du commerce de détail remplace le PIB).
  • L’ICC est de moins en moins utilisé comme indice de révision principal, mais il reste une composante de l’ILAT et de l’ILC. Son recul récent impacte donc indirectement les deux autres indices.

Pour un cabinet de professions libérales ou un prestataire de services, l’ILAT est l’indice naturel. Pour un local mixte (bureau avec activité de vente accessoire), la qualification de l’activité principale détermine l’indice applicable. Nous constatons que des baux utilisent parfois l’ILC par défaut pour des locaux qui relèveraient de l’ILAT, ce qui peut poser un problème de validité de la clause en cas de contentieux.

Évolution de l’ILAT et stratégie locative pour les trimestres à venir

La tendance désinflationniste de l’ILAT n’est pas un accident ponctuel. Tant que l’ICC reste orienté à la baisse et que l’inflation des prix à la consommation se maintient sous contrôle, l’indexation des loyers tertiaires restera contenue.

Pour les locataires en cours de négociation ou de renouvellement, c’est une fenêtre favorable. Un bail signé avec un ILAT de référence du T3 2026 intègre une base basse. Si l’indice repart à la hausse dans les trimestres suivants, la révision se fera depuis ce plancher, ce qui limite mécaniquement l’effet rattrapage pour le bailleur.

À l’inverse, les bailleurs ont intérêt à sécuriser leurs clauses avec un trimestre de référence antérieur (T4 2024 ou T1 2025 par exemple) pour bénéficier d’un effet de base plus favorable lors de la prochaine phase haussière.

Le T3 2026 confirme que l’ILAT fonctionne dans les deux sens. Les preneurs qui ont subi les hausses de 5 % en 2022-2023 profitent désormais d’une indexation quasi nulle. La symétrie du mécanisme rappelle que le choix du trimestre de référence et de l’indice applicable reste la variable décisive d’un bail tertiaire, bien plus que le loyer facial négocié à la signature.

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